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Rencontre avec Aurélia Poirier pour le film La Cinquième saison

Aurélia Poirier

Le 25 juillet, entre un coup de chaleur et un orage nocturne, Aurélia Poirier est venue présenter le premier long métrage dont elle tient le rôle principal : La Cinquième saison, réalisé par un couple belgo-américain (Peter Brosens et Jessica Hope Woodworth).

Pour lancer la discussion d’après-projection, après avoir rappelé que « le film, loin d’être « grand-public », a un aspect presque expérimental », Aurélia Poirier commence par évoquer l’atmosphère presque magique dans laquelle baigne cette Cinquième saison et précise qu’il lui semble important d’accepter de se laisser porter par l’extrême beauté formelle des images, de se laisser emporter par cet univers qui ne répond plus aux règles que nous connaissons.

Les premières questions portent bien entendu sur le parcours de la jeune actrice :

« Après un bac option théâtre au Lycée Grandmont, j’ai fait le Conservatoire d’art dramatique à Tours puis, tout en faisant de la danse, j’ai continué à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques du théâtre de Lyon puis j’ai fait une série télé (La Lazy company). Pour La Cinquième saison, j’ai répondu à un casting qui cherchait une fille jeune, avec des yeux clairs, qui pouvait avoir l’air renfermée… et ça  a marché ! »

Où ce film a-t-il été tourné ? Il y a certains décors ou paysages tout à fait saisissants…

Nous avons tourné en Belgique, dans la région où les deux réalisateurs vivent, souvent dans le village même où ils habitent. Une partie des figurants du film sont les habitants du village en question, la (très belle) scène de danse country a été tournée avec le club local de danse country. Le magnifique décor de la carrière est juste cela : une carrière, très minérale, très sombre, avec des bouleaux qui poussent au fond…

Tourné avec un budget très serré dans des délais beaucoup plus courts qu’un film « ordinaire », La Cinquième saison n’a peut-être pas toujours été très facile pour une actrice ?

Nous avions un peu travaillé les rôles en improvisation avant, comme j’étais la seule actrice à ne pas venir de Belgique, j’étais présente à peu près tous les jours, les autres acteurs pouvant rentrer chez eux les jours où ils ne tournaient pas. Les conditions n’étaient vraiment confortables mais le tournage a été passionnant.

L’une des caractéristiques du film est l’utilisation de plans longs : qu’est-ce que cela change pour les acteurs par rapport au système plus habituel de séquences très découpées, avec des plans bien plus courts ?

Si l’on vient du théâtre, c’est nettement mieux pour les acteurs, on a vraiment le temps d’entrer dans la scène, de s’approprier le personnage…

Troisième film réalisé par ce couple belgo-américain, La Cinquième saison fait vraiment regretter que les deux premières oeuvres (Altiplano et Khadak, tournés respectivement au Pérou et en Mongolie) ne soient pas distribuées en France : les deux réalisateurs ont un sens de la poésie visuelle et savent vraiment tirer le meilleur de leurs acteurs et actrices…

ER

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