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Synopsis et détails

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La Grande illusion

La Grande illusion

de Jean Renoir,

avec Jean Gabin, Pierre Fresnay, Erich Stroheim, Dita Parlo, Marcel Dalio,

Genre : Drame

Nationalité : France

Année de sortie : 1937

Durée : 01h53

Version :

Jean Renoir fait partie de la liste des rares réalisateurs qui parviennent à faire figurer dans leur filmographie un certain nombre de grands films, mais aussi quelques chefs-d’œuvre : La Grande illusion appartient à cette catégorie.

Tout est grand dans ce film : les thèmes abordés, les comédiens, la mise en scène et son réalisateur. Qui l’a vu, s’en souvient.

Pendant la première guerre mondiale, deux officiers français sont faits prisonniers et envoyés dans un oflag, dirigé par Von Rauffenstein, un aristocrate campé par l’impérial Von Stroheim. Dans ce camp, se côtoient des hommes d’origines sociales, de milieux, de religions différents ; pourtant tout ce qui devrait les séparer, va les réunir.
Si la vie s’avère parfois agréable grâce à la tolérance des geôliers, la plupart des prisonniers ne rêvent évidemment que de liberté. Le lieutenant Maréchal/Gabin et Rosenthal/Dalio parviendront à s’échapper, deux silhouettes errant dans la neige ; mais leur fuite aura un prix, forcément. C’est triste et c’est beau.

Jean Renoir, chantre de l’humanisme et de la solidarité, comme l’écrivait André Bazin, « donne aux idées comme aux hommes toutes leurs chances ». Et ça aussi c’est beau !
IG

Filmographie succincte : La Chienne (1931), Toni (1935), Le Crime de monsieur Lange, Les Bas-fonds, Partie de campagne, La Vie est à nous (1936), La Bête humaine (1938), La Règle du jeu (1939)

Bande annonce

Critiques

  • Commentaire de BRIAND

    des soldats allemands lassées par la guerre , des officiers en proie au doute ( extraordinaire von STROHEIM ) ... des prisonniers qui oscillent entre désespoir et moments de franche camaraderie ( ces moments de vie filmés avec intensité et réalisme par RENOIR dans une mise en scène qui refuse la fragmentation du montage grace au recours à la profondeur de champ et à l'espace off ) ... une oeuvre tout à fait adaptée aux anées 2000 ,un message d'espoir sur les valeurs humaines qu'il faut défendre . le film français le plus connu hors de l'hexagone , nous montrant que malgré les nationalités , les classes persistent toujours . deux ans avant la seconde guerre mondiale , RENOIR nous avertis que la plus grande des illusions serait de croire que 14-18 serait la dernière des guerres . un chef-d'oeuvre majeur du cinma français , complexe et jouissant d'une réalisation toute particulière avec des cadres ouverts sur le hors-champ tant RENOIR à la différence de LANG ou EISENSTEIN n'a jamais voulu enfermer ses personnages dans des portions d'espace trop étroites ce qui a pour effet de faire jaillir la vie et de respecter l'exactitude de la description socio-politique .
  • Commentaire de BRIAND

    JEAN RENOIR "la grande illusion " est née dans le ciel . en 1915 , j'étais pilote dans l'escadrille champagne de l'armée de l'air française. ma mission consistait à embarquer avec un photographe pour rapporter des clichés trés précis de traces de pas ou de roues , en bref tout signe de circulation menant au site supposé d'une batterie allemande . mon photographe et moi volions à bord d'un aéroplane ancien modèle ; aussi n'avions nous pas trop d'appréhension de nous faire attaquer par la chasse allemande . mais lorsque cela se produisait , nous n'avions pratiquement aucun espoir de pouvoir nous défendre ; pour couronner le tout , nous ne volions pas assez vite pour nous enfuir . chaque fois que je me suis fait coincé par l'ennemi , le meme chasseur français venait à la rescousse . je le reconnaissais bien . plusieurs fois après m'avoir sauvé la vie en écartant l'assaillant , il me frola de si près que je pus admirer les impresionnantes moustaches du pilote . il s'appelait PINSARD . C'était le chef de l'escadrille de chasse la plus proche . sans ses heureuses interventions , je n'aurais pas le plaisir de vous raconter cette histoire . bien des années plus tard , je me trouvai sur les bords de l'étang de Berre , en Provence , pour tourner un film . j'avais soigneusement sélectionné un endroit éloigné d'au moins 30 km de toute base aérienne militaire . malheureusement , nos réflecteurs et nos projecteurs attirèrent l'attention d'un pilote . il passa le mot à ses camarades et nous nous sommes trés vite retrouvés entourés d'un essaim d'avions vrombissants dont les pilotes cherchaient tous à découvrir qui était la vedette féminine du film . il était donc devenu impossible d'enregistrer le moindre son . je décidais donc d'aller rendre visite au commandant de la base pour le prier d'envoyer ses pilotes dans d'autres directions . A ma grande surprise , je me retrouvais face à mon vieil ami PINSARD . il était devenu un général aux impressionnantes et abondantes décorations dues aux innombrables avions allemands qu'il avait descendus durant la grande guerre . il avait été lui-meme abattu , fait prisonnier plusieurs fois et s'était évadé autant de fois . c'est le récit de ses évasions qui m'a inspiré le scénario de " la grande illusion " . il va sans dire que ce que je voulais décrire dans ce film ne se résumait pas à l'histoire de prisonniers qui préparent une évasion . je désirais plutot faire un acte de foi sur la fraternité des hommes au-dela des frontières politiques en insistant sur le fait que la division du monde en nations était un système en voie de disparition . mais le récit de mon ami PINSARD constituait la trame nécessaire dans laquelle je pouvais exprimer ces idées . Je suis , de plus , convaincu , qu'à part le talent des acteurs , c'est grace à cette trame fictionnelle que le film rencontra un grand succés en 1937 . aujourd'hui , 22 ans après , le public français a de nouveau réservé un trés bon accueil au film . il est fort probable que mes idées sont mieux tolérées maintenant qu'à l'époque . en 1937 , la présence de HITLER et la montée du nationalisme en Allemagne et ailleurs réfutaient cruellement mes convictions . mais je restais persuadé que cette maladie ne durerait pas éternellement . j'ai frappé pendant trois ans à toutes les portes des sociétés de production de Paris . elles refusèrent toutes d'accepter mon projet . nous tentames avec CHARLES SPAAK qui écrivait le scénario avec moi et avce JEAN GABIN qui voulait jouer le role du pilote , de convaincre de notre mieux , mais en vain . et finalement , nous avons trouvés un groupe d'hommes d'affaires , qui n'avaient aucune expérience du cinema et qui désiraient investir 3 000 000 de francs ( à peu près 40 000 dollars de l'époque ) dans l'entreprise . A la fin de la première année d'exploitation , ils avaient réalisé un bénéfice dix fois supérieur à leur mise de départ . A la fin de la seconde guerre mondiale , Miss WIEDERER , capitaine du service cinématographique de l'armée américaine , trouva un négatif de " la grande illusion " à Munich . les nazis avaient interdit le film , mais pour des raisons obscures , n'avaient pas détruit le négatif . Miss WIEDERER me fit trés aimablement part de sa découverte . les premiers négatifs avaient été détruits durant le bombardement des laboratoires MAURICE à Paris . l'existence de ces seconds négatifs me donna l'idée de racheter les droits d'exploitation du film pour une deuxième sortie . c'est donc à Miss WIEDERER que je dois la grande satisfation de pouvoir montrer de nouveau au public cette oeuvre qui représente beaucoup pour moi en tant qu'expression des idées et de la foi la plus profonde qui , à l'époque , ne trouvaient pratiquement pas d'écho . Aujourd'hui , nous savons trés bien que le monde est plus divisé par les conceptions sociales que par la couleur des drapeaux . Quant à l'ombre de HITLER , elle s'est définitivement confondue avec les fantomes du passé . the new york herald tribune , 21 Juin 1959 . Traduit de l'américain par SERGE GRUNBERG .
  • Commentaire de CL

    Dans le genre copié-collé on ne fait pas pire dans les 2 critiques ci-jointes, je n'y voie VRAIMENT aucun intérêt, seul celui de fuir
  • Commentaire de eric

    j' aurai grand plaisir à découvrie ce " monument " de jean Renoir. quant à la ligne de critique précédente elle a beaucoup moins d' intérêt que les deux paragraphes précédent. et cette allusion à la fuite franchement très confus .
  • Commentaire de Gilda

    Merci à Briand pour cet article du Herald Tribune de 1957 (et au traducteur !)
  • Commentaire de Marcel

    Merci aux restaurateurs d'Art cinématographique , merci aux Studios de nous restituer ce chef d'oeuvre avec une telle qualité d'image , une telle qualité de son qu'il est moderne et prend toute sa dimension atemporelle . Marcel
  • Commentaire de geraldine

    film relativement moyen , mais un très bon film de propagande et de carl_lotte_la .

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Tous les films sont projetés en version originale sous-titrée en français (sauf indication contraire).
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Film proposé au jeune public, les parents restant juges.