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Faute d'amour

Faute d'amour - Nelyubov

de Andrey Zvyagintsev

avec Maryana Spivak, Matvey Novikov, Andris Keishs, Alexey Rozin, Marina Vasilyeva

Genre : Drame

Nationalité : Russie

Année de sortie : 2017

Durée : 02h07

Version : Couleur

Zhenia et Boris ne s’aiment plus. Ils sont en instance de divorce et chacun est déjà prêt à refaire sa vie. Seul problème : qui est prêt à avoir la garde d’Alyosha, leur fils de douze ans ? Après une dispute entre ses parents, l’enfant renié, ballotté comme une poupée de chiffon, disparaît.  Le couple se lance malgré lui aux trousses de l’enfant fugueur… Faute d’amour mêle l’intime et le politique. Le climat glaçant autour de ce couple en crise est à l’image du climat politique d’un pays déliquescent et de la météo de l’hiver russe. Faute d’amour nous séduit par la photographie froide et majestueuse, reflet du drame qui se joue à travers un environnement glacial, déshumanisé, jouant des zones d’ombre aussi bien dans les cadrages de paysages urbains que de forêts.

Ne manquez pas Faute d’amour, qui après Elena et Leviathan primés à Cannes en 2011 et 2014, a obtenu le Prix du Jury cette année !

MS

Bande annonce

Séances

Ce film a été diffusé aux cinémas Studio :

  • Semaine du Mercredi 20 Septembre 2017 au Mardi 26 Septembre 2017
  • Semaine du Mercredi 27 Septembre 2017 au Mardi 3 Octobre 2017
  • Semaine du Mercredi 4 Octobre 2017 au Mardi 10 Octobre 2017

Critiques

  • Commentaire de Hervé RIGAULT |

    A l’aide d’une construction extrêmement rigoureuse, Andrey Zvyagintsev stigmatise, non plus seulement une société dominée par la puissance conjuguée de l’église et de l’État, mais une société où dominent l’aliénation par la consommation de la marchandise et le nombrilisme qui en résulte abêtissant (les selfies, l’esthétique corporelle ...) détruisant l’ancien système de valeurs préexistant (groupes sociaux, familles …).
    Pourtant un collectif émerge (le groupe de recherche des enfants disparus) qui semble incarner certaines de ces ces valeurs morales dont le cinéaste regrette la disparition (plus encore que celle d’Aliocha). Étrangement le cinéaste semble le voir d’un œil quasi ironique(talkies-walkies, noms de code …) alors qu’il agit de manière rationnelle et efficace à l’inverse des autres protagonistes (J’ai curieusement pensé au groupe de « résistants » opérant dans Delicatessen).
    Fallait il cependant alourdir le trait par une mise en perspective de ce récit mortifère avec l’irruption, dans les derniers plans, de la guerre russo ukrainienne (un autre divorce, une autre disparition …) ? Je crois qu’on avait déjà compris.
    Reste une œuvre extrêmement forte, froide et sombre qui ne concerne pas que la Russie mais aussi l’ensemble du modèle social développé en Occident.

  • Commentaire de Jean-Pierre Lautman |

    Le Caligula de Camus l’avait amèrement découvert : « Les hommes meurent, et ils ne sont pas heureux. ».Faute d’amour ne contredit en rien ce constat, il le confirme. Ce film âpre et lucide procède avec une rigueur de médecin à une chirurgie de l’âme humaine et à celle de tout un système social. Si les protagonistes sont russes, le propos est universel ; à tout le moins, concerne-t-il le monde de l’économie de marché où la religion principale est la quête des satisfactions matérielles, où les petits bourgeois, qui sont légion, ont des vies minables et ne se révoltent pas contre l’ordre établi de peur d’être mis à l’écart. Comme si l’accès au bonheur se résumait à la simple satisfaction du désir. Les scènes d’amour physique, magistralement filmées en clair-obscur confirment cet état de fait. Il y a loin de la coupe aux lèvres et le gâchis que nous voyons autour de nous, ici ou là, dans le monde réel, transparaît à tous les niveaux dans ce film métaphorique : couple en échec, entreprise dirigée pour l’homme par un orthodoxe intégriste qui ne tolère aucun écart de ses employés, ne serait-ce que le divorce, police d’État incapable d’entreprendre une recherche d’enfant disparu et qui délègue cette mission à une association privée efficace… Cet enfant perdu dans tous les sens du terme n’est pas celui de Los olvidados de Buñuel; il symbolise l’échec d’un couple qui s’accable de coups et, au-delà de ce drame, celui du monde moderne. Dostoïevski n’est pas loin et avec lui, le manichéisme qui oppose la culpabilité de l’homme déchu à l’innocence. L’innocent est cet enfant appelé Aliocha, comme le seul des trois frères Karamazov touché par la grâce. Il cristallise l’échec du couple et du système social indifférent au sort de ce petit martyr noyé dans ses larmes quand il surprend ses parents en guerre de couple décomposé refuser de le prendre en charge. Faute d’amour eût pu s’appeler Crime et châtiment. Le crime appartient aux adultes et la victime est l’enfant. Mais, alors que Raskolnikof espère se racheter par la force de l’amour que lui voue Sonia, Aliocha disparaît ou plutôt meurt de n’être pas aimé. L’homme ne vit pas seulement de pain.

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Film proposé au jeune public, les parents restant juges.