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Synopsis et détails

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Ága

Ága

de Milko Lazarov

avec Mikhail Aprosimov, Feodosia Ivanova, Galina Tikhonova, Sergei Egorov, Afanasiy Kylaev

Genre : Drame

Nationalité : Bulgarie

Année de sortie : 2018

Durée : 01h37

Version : Couleur

Le premier long métrage de Milko Lazarov, Alienation, inédit en France, avait été très remarqué au Festival de Venise en 2013 où il avait remporté deux prix ; on serait curieux de le découvrir à la lumière de ce second, Aga, qui est une franche réussite.

Le réalisateur est bulgare mais Aga se déroule au nord-est de la Sibérie, en Iakoutie, une des régions les plus froides de la planète. Là, vivent Nanook et Sedna, un couple déjà âgé, totalement isolés au milieu d'immenses étendues glacées. Chaque matin, Nanook part avec son chien et son traîneau pour tenter de rapporter de quoi manger en chassant et pêchant. Pendant ce temps, Sedna tanne des peaux, tisse des filets de pêche et confectionne des vêtements. Leur seul lien avec le monde extérieur est un jeune homme qui vient de temps en temps leur apporter du bois et du fuel pour chauffer, un peu, leur yourte. Il leur donne aussi des nouvelles de leur fille avec laquelle Nanook est fâché depuis qu'elle a rompu avec les traditions familiales en partant travailler dans une mine de diamants à ciel ouvert. Mais les temps sont de plus en plus difficiles, la nourriture se fait rare et, avec l'âge, les forces diminuent...

Il ne faut pas imaginer assister à un documentaire anthropologique en allant voir Aga, car il s'agit bien d'une fiction même si la part documentaire n'est pas négligeable. Magnifiquement photographié, la palette des blancs est étonnante, le film est une chronique familiale peu bavarde où la part fictionnelle s'installe au fur et à mesure que le film se déroule, pour atteindre, à la fin, une ampleur insoupçonnée. Grâce, tout d'abord, à une scène de tempête impressionnante, avant un épilogue profondément émouvant avec une utilisation très réussie de la musique de Gustav Mahler.

Et ce n'est pas un hasard si le personnage principal se nomme Nanook, comme dans le film éponyme de Robert Flaherty, car l'approche de Milko Lazarov n'est pas si éloignée ; mais on pense aussi à Derzou Ouzala, le film de Akira Kurosawa, qui évoquait déjà un paradis perdu tout en tirant la sonnette d'alarme sur une certaine modernité destructrice. Car si Aga n'est pas porteur d'un discours (encore une fois il est peu bavard), il montre, pourtant, l'air de rien, les dérèglements climatiques qui touchent aussi cette partie reculée du monde où la pêche est de moins en moins bonne, où des animaux meurent mystérieusement tandis que les avions passent de plus en plus souvent.

Les amateurs d'objets cinématographiques tout autant originaux qu'abordables vont être comblés par cet Aga qui combine intelligemment réflexion, esthétique et émotion.                                                                                                                                                                                                                                                                                                

Bande annonce

Séances

  • Mardi 11 Décembre :
    17h00

Critiques

  • Commentaire de Jacques Chenu |

    J’ai été émerveillé devant tant de simplicité et de dépouillement, aussi bien dans l’histoire qui nous est contée que dans la mise en scène. Pas besoin d’effets spéciaux, de très gros plans , de montage hyper rythmé, ou de mouvements de caméra pour faire naître l’émotion. Les plans longs et fixes de ce film évoquent des tableaux naturalistes, on a l’impression de regarder un documentaire sur la vie dans les steppes glacées du nord de la Sibérie, et pourtant, ce film est une fiction qui nous emporte dans son univers rude et glacé. En regardant ce film, j’ai assisté à une belle leçon de choses de la vie.

  • Commentaire de CP |

    Un film pour les contemplatifs.
    Loin du bruit, de l’agitation des villes et des hommes, vivent Nanook et Sedna.
    Comme une méditation, on suit jour après jour les mêmes gestes quotidiens de ce couple qui tente de survivre sur une terre de plus en plus hostile.
    Ce film est beau dans sa simplicité, ses silences, ses sourires et ses larmes. Les décors naturels sont superbes.

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